Crue et inondation : quand Lyon retrouve son histoire avec les eaux
Written on 18/02/2026
JeVisiteLyon
Les quais immergés, les accès fermés et une vigilance maximale rappellent que la Saône n’est pas qu’un décor, mais un fleuve puissant.
Saône · Rhône · Crues · Histoire
Depuis plusieurs semaines, les précipitations continues gonflent la Saône, transformant les quais en un véritable décor aquatique.
Les accès sont fermés, les berges impraticables et même les Terrasses de l’Île Barbe ont les pieds dans l’eau.
Une situation impressionnante… mais loin d’être inédite dans l’histoire lyonnaise.
Une montée des eaux spectaculaire
À Couzon-au-Mont-d’Or, la Saône a atteint 5,70 mètres, contre 3,15 mètres une semaine plus tôt. Une hausse fulgurante, accompagnée d’un débit frôlant les 1 500 m³/s. Autrement dit : une véritable autoroute d’eau qui traverse la métropole.
Conséquence directe : la navette fluviale Navigône est suspendue au moins jusqu’au 23 février, les conditions de navigation étant devenues trop dangereuses.
Les grandes crues de Lyon : les dates clés
Inondation de 1856 : vue sur la place des jacobins – Lyon
Lyon a toujours vécu avec ses fleuves. Certaines crues ont marqué l’histoire de la ville, au point de façonner son urbanisme
et ses protections actuelles. Voici les plus importantes.
Antiquité & Moyen Âge
280 — Crue majeure du Rhône.
346 — Crue généralisée dans la vallée.
580 — Crue d’automne, Lyon et Arles inondées.
XIXᵉ siècle
1840 — Crue historique de la Saône.
1856 — La plus grande crue moderne du Rhône.
La digue de la Tête d’Or cède, Brotteaux et Guillotière noyés.
Les crues lyonnaises résultent d’un mélange de facteurs : pluies continues, sols saturés, fonte des neiges en amont, et parfois des épisodes méditerranéens qui viennent amplifier le phénomène.
La Saône, fleuve lent et large, réagit différemment du Rhône : elle monte plus doucement… mais redescend aussi plus lentement.
Un phénomène impressionnant, mais à respecter
Inondation du Rhône avenue de Saxe, église Saint-Pothin, juin 1856, photo Louis Froissart, AML, 3PH/597
Les quais fermés, les glissements de terrain possibles, les courants puissants : la crue n’est pas un spectacle anodin. Les autorités rappellent que les berges immergées sont dangereuses, même pour les promeneurs.
Pourtant, pour qui sait regarder, ces crues racontent aussi une histoire : celle d’une ville construite entre deux fleuves,
qui a appris à vivre avec eux.